En parachutisme sportif, l’autonomie s’accompagne d’un devoir fondamental : garantir l’intégrité de son propre équipement avant chaque embarquement. Si les moniteurs veillent scrupuleusement sur les élèves lors des premiers sauts, chaque pratiquant breveté doit ensuite développer des réflexes d’inspection irréprochables. C’est tout le sens de l’enseignement transmis par Dan Brodsky-Chenfeld (souvent appelé Dan BC), figure emblématique du parachutisme mondial, multiple champion du monde et dirigeant emblématique de Skydive Perris.
Pourquoi la vérification du matériel ne supporte aucune improvisation
Prendre place dans un aéronef sans avoir passé au crible chaque élément de son sac-harnais relève de l’inconscience. Une aiguille de fermeture mal positionnée, un déclencheur automatique de sécurité (AAD) non armé ou une poignée de libération délogée peuvent transformer un saut ordinaire en situation d’urgence. Savoir repérer une anomalie exige une routine méthodique, répétée jusqu’à devenir une seconde nature.
Dans son approche de la discipline, Dan BC insiste sur le fait qu’il ne faut pas attendre d’être sur la zone d’embarquement, sous la pression du compte à rebours de l’avion, pour apprendre à inspecter son parachute. Tout comme il existe de bonnes habitudes pour savoir comment ne pas se préparer au parachutisme, le contrôle du gréement requiert de la sérénité et une méthode standardisée.
Le protocole d’inspection : de haut en bas, de face et de dos
Une vérification complète du parachute s’effectue dans un ordre logique pour ne négliger aucun composant critique. Que vous répétiez ces gestes chez vous sur un harnais posé sur une table ou sur le centre de saut, l’inspection s’articule autour de points précis :
- Le déclencheur de sécurité (AAD) : s’assurer que le boîtier de contrôle (Cypres, Vigil ou équivalent) est allumé, étalonné et qu’aucun message d’erreur ne s’affiche.
- Le système de libération 3 anneaux : vérifier le passage correct des boucles, l’état de la garcette et le passage du câble jaune de libération dans son guide, sans effilochage ni torsion.
- Les poignées de secours : contrôler visuellement et manuellement la fixation des velcros ou inserts de la poignée de libération de la voile principale et du coussin ou de la poignée du parachute de réserve.
- La sangle de poitrine et les cuissardes : s’assurer que la sangle n’est pas vrillée, que les passants métalliques sont correctement montés et que l’extrémité libre est glissée sous son élastique de retenue.
- Le compartiment arrière et l’extracteur : inspecter le bon positionnement du hand-deploy (extracteur) dans sa pochette élastique, la tension de la ligne de pliage et la fermeture correcte des rabats protégeant les aiguilles de l’extracteur principal et de réserve.
S’entraîner à blanc : le secret de la précision
L’un des messages clés partagés par Dan Brodsky-Chenfeld est l’entraînement à domicile. Manipuler son sac-harnais chez soi permet d’observer chaque détail sans le stress du décollage. Vous apprenez à ressentir le bon engagement mécanique d’une aiguille de fermeture ou la résistance normale d’un velcro usé qui nécessiterait un remplacement chez votre gréeur.
Cette rigueur individuelle renforce également l’état d’esprit collectif au sein du club. Comme l’expliquent les passionnés pour qui ce loisir représente plus qu’une simple chute d’avion, la confiance mutuelle sur le tarmac repose sur le professionnalisme de chaque sauteur.
Le contrôle croisé entre parachutistes
Même si vous avez effectué une vérification rigoureuse avant d’enfiler votre combinaison, la règle d’or reste le « buddy check » (contrôle mutuel). Avant de monter dans l’avion ou avant d’ouvrir la porte à l’altitude de largage, demandez toujours à un binôme de jeter un œil attentif à votre dos, et faites de même pour lui. Respecter les règles du parachutisme commence toujours par cette vigilance partagée qui garantit des sorties sécurisées pour l’ensemble du groupe.




